À partir de six ans, l’Organisation mondiale de la santé recommande au moins une heure d’activité physique modérée à intense chaque jour pour les enfants et adolescents. Pourtant, en France, moins de la moitié des jeunes atteignent ce seuil. L’augmentation du temps passé devant les écrans a doublé en dix ans, tandis que les inégalités d’accès aux pratiques sportives persistent selon le milieu social ou le genre.Certains pays ont déjà instauré des temps dédiés à l’activité physique dans le cadre scolaire, avec des résultats positifs sur la santé mentale et les performances académiques. La sédentarité gagne du terrain, avec des conséquences mesurables dès l’enfance.
Pourquoi l’activité physique est essentielle dès l’enfance
Ce chiffre s’impose : près de 75 % des enfants et adolescents ne bougent pas assez au regard des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Les jeux de cour perdent du terrain, le souffle court remplace la course effrénée. En un quart de siècle, la capacité cardio-vasculaire des plus jeunes a fondu de 40 %. Depuis des années, le Programme national nutrition santé alerte : il faut bouger, une heure par jour au minimum, dès six ans.
L’activité physique ne devrait jamais être un luxe. Elle constitue le socle d’une santé qui tient la route, corps et esprit compris. Elle renforce le squelette, stimule l’attention, prévient le surpoids et l’obésité,des enjeux concrets, quand on sait que 17 % des 6-17 ans sont en excès pondéral, dont 4 % touchés par l’obésité. Mais le sport, c’est tout autant l’occasion d’apprendre le respect, la ténacité, l’esprit d’équipe sur un terrain ou au bord d’une piscine.
Pour mieux comprendre cette force d’impact, voici les aspects principaux :
- Pratiquer une activité physique soixante minutes par jour, comme préconisé par l’OMS, dès cinq ans et jusqu’à 17 ans.
- Gagner sur tous les plans : cœur plus solide, squelette renforcé, équilibre émotionnel maintenu.
- Développer des compétences qui dépassent la performance sportive : attention soutenue, gestion du stress, confiance en soi.
Ce n’est pas la médaille qui importe, c’est l’ancrage. Pour beaucoup de jeunes, le sport tisse un fil rouge de stabilité, d’indépendance et, parfois, le simple plaisir d’avancer bien dans ses baskets.
Quels sont les freins à la pratique sportive chez les jeunes aujourd’hui ?
La sédentarité s’est installée fermement. Smartphones, jeux vidéo, réseaux sociaux colonisent le quotidien, grignotant les instants où le mouvement serait possible. Le constat est sans appel : 80 % des moins de 25 ans manquent de pratique physique, selon OpinionWay.
L’obstacle du temps se fait également sentir. Près d’un jeune sur deux pointe un emploi du temps saturé, entre pression scolaire, boulot étudiant et journées hachées. Les effets du confinement ou les nouveaux rythmes familiaux n’ont rien arrangé, laissant peu de créneaux pour souffler dehors ou en salle.
Autre frein, plus intime : le rapport au corps. Ils sont nombreux à hésiter, à douter, à craindre les regards ou à se sentir mal dans leur peau au moment de franchir la porte d’un club ou d’un gymnase. Pour près d’un quart d’entre eux, l’image de soi devient un mur difficile à franchir, plus encore que des questions d’argent.
Pour aider les jeunes à renouer avec l’activité physique, certaines initiatives voient le jour, telles que le Pass’Sport qui réduit le prix d’inscription dans un club. Pourtant, le frein psychologique demeure souvent le plus solide. C’est sur le terrain de la motivation, de l’accompagnement et de la diversité des activités proposées que se jouera le vrai rebond.
Des bénéfices concrets pour le corps, l’esprit et la vie sociale
Le sport agit avant tout comme un moteur de santé physique. Les faits sont là : 72 % des jeunes bougent par volonté de prendre soin de leur corps. Pratiquer régulièrement fait gagner du souffle, affine la coordination, limite l’apparition du surpoids. Malgré les recommandations de l’OMS, trois quarts des enfants et adolescents en France sont en deçà du seuil conseillé. En vingt-cinq ans, leurs capacités cardio-vasculaires ont dégringolé de 40 %.
L’activité physique va bien au-delà des effets visibles. Elle constitue un pilier pour l’équilibre psychologique : trois jeunes sur quatre cherchent ainsi à alléger leur charge mentale, à mieux canaliser leur stress ou à renforcer leur assurance. C’est une manière d’apprendre à habiter son corps tout en vidant la tête. L’étude #MoiJeune illustre parfaitement ce ressenti : meilleure humeur, confiance accrue, meilleure intégration sociale.
Impossible de passer sous silence la dimension collective. Les vrais souvenirs sportifs, ce sont aussi les copains croisés sur le bitume, les liens forgés à l’entraînement, la découverte de la solidarité et de la gestion de l’échec. Plus d’un jeune sur deux a tissé de nouvelles amitiés grâce au sport. Ici, pas besoin de viser le podium : le résultat se lit dans le capital relationnel, le goût de l’effort partagé et la ténacité face à l’adversité.
Des idées simples pour encourager les jeunes à bouger au quotidien
Relancer l’élan sportif des jeunes demande souplesse et inventivité. Aujourd’hui, l’activité physique se réinvente à domicile, avec le soutien du numérique et des formats courts qui collent à leur mode de vie. Les applications ou les plateformes de vidéos transforment un salon en piste d’essai, et permettent de bouger quand bon leur semble.
Les démarches d’accompagnement prennent aussi plus de place. Avec la montée des structures orientées sport-santé et une offre d’activités plus personnalisée, le chemin vers la reprise devient plus accueillant et évolutif. Des fédérations multiplient les actions concrètes, en tenant compte de l’âge et des envies spécifiques, pour favoriser l’inclusion et l’envie de découvrir.
Différentes approches peuvent renforcer l’envie de se mettre en mouvement :
- Marcher ou pédaler pour aller en cours ou sur son lieu d’engagement.
- Tester de nouveaux sports lors d’ateliers ou d’évènements accessibles à tous.
- Choisir des activités qui misent sur le plaisir, le jeu collectif ou la compétition amicale, loin de la pression du résultat.
Un nouvel élan collectif émerge aussi à l’échelle nationale, grâce à la valorisation du sport comme Grande Cause 2024 ou la dynamique des Jeux Olympiques et Paralympiques. Le Pass’Sport, l’engagement des professionnels de la nutrition, toutes ces synergies contribuent à forger un environnement où bouger retrouve sa place naturelle dans la vie quotidienne des jeunes.
Pas de parcours figé ni de recette miraculeuse : chaque initiative, chaque expérience partagée, chaque geste tente de raviver l’envie d’avancer. Si le sport s’ancre dans l’ADN des prochaines générations, c’est toute une société qui gagne en vitalité.


