Salaire des joueuse de foot : aides, primes et revenus annexes à ne pas oublier

Le salaire des joueuses de foot en France ne se résume pas à un montant mensuel versé par le club. Entre les primes de match, les droits à l’image, les aides institutionnelles et les protections liées à la maternité, la rémunération réelle d’une footballeuse professionnelle combine plusieurs sources que les comparaisons classiques avec le football masculin tendent à ignorer.

Fourchettes de salaires en Arkema Première Ligue et Seconde Ligue

En Arkema Première Ligue, une joueuse professionnelle perçoit en général un salaire brut compris entre 1 800 € et 8 000 € par mois, avec des montants nettement supérieurs pour les profils les plus recherchés dans les clubs majeurs.

Ces chiffres proviennent du cadre contractuel mis en place par la Ligue féminine de football professionnel (LFFP), créée en 2024, qui a imposé des planchers de rémunération alignés au minimum sur le SMIC ou le salaire conventionnel de la convention collective nationale du sport (CCNS).

En Seconde Ligue, les contrats à temps partiel restent fréquents, ce qui rend la comparaison par salaire mensuel brut peu représentative. La durée réellement rémunérée – nombre de mois couverts par le contrat, temps de travail contractuel – pèse autant que le taux horaire dans le revenu annuel effectif d’une joueuse.

Niveau Salaire brut mensuel (fourchette) Type de contrat dominant
Arkema Première Ligue 1 800 € – 8 000 € Temps plein (exigé par LFFP)
Seconde Ligue Variable, souvent partiel Temps partiel fréquent
Équipe de France (prime match) Variable selon résultats Primes distinctes du club

Primes de match et primes collectives : ce que le fixe ne reflète pas

Le salaire fixe ne capte qu’une partie de la rémunération. Les primes de match – victoire, qualification, titre – s’y ajoutent et peuvent modifier sensiblement le revenu annuel d’une joueuse évoluant dans un club performant.

Pour les joueuses sélectionnées en équipe nationale, des primes spécifiques sont versées lors des compétitions internationales. Ces montants sont distincts du salaire versé par le club et ne s’y substituent pas. À cela s’ajoute un mécanisme moins visible : pour les compétitions comme l’Euro féminin 2025, l’UEFA prévoit des compensations versées directement aux clubs ayant libéré leurs joueuses. Ces sommes bénéficient à la structure, pas nécessairement à la joueuse elle-même – une distinction que les comparaisons de revenus omettent souvent.

Deux joueuses de foot discutant de leurs revenus et primes dans un vestiaire de club professionnel

Revenus annexes des footballeuses : sponsoring, image et fiscalité

Pour les joueuses disposant d’une exposition médiatique suffisante, les revenus de sponsoring et d’exploitation de l’image constituent une source complémentaire non négligeable. Ces revenus ne sont pas assimilés au salaire au sens juridique : leur qualification fiscale dépend de la nature du contrat (contrat d’image distinct du contrat de travail) et peut relever d’un régime différent.

Cette distinction a des conséquences concrètes sur les cotisations sociales, le régime d’imposition et les droits ouverts. Une joueuse qui perçoit des revenus d’image sans contrat structuré peut se retrouver dans une situation fiscale complexe, notamment en fin de carrière. La bonne pratique consiste à formaliser ces flux dès le début de la relation commerciale avec un partenaire.

  • Contrats de sponsoring personnel : revenus négociés directement avec une marque, indépendants du club. Leur montant varie fortement selon la notoriété et l’audience de la joueuse sur les réseaux sociaux.
  • Droits d’image via le club : certains clubs intègrent une clause d’exploitation de l’image dans le contrat de travail, ce qui peut générer un revenu complémentaire encadré par l’employeur.
  • Partenariats avec fédérations ou ligues : des accords collectifs peuvent prévoir une redistribution aux joueuses sélectionnées ou licenciées, selon des modalités propres à chaque fédération.

Protection maternité et aides institutionnelles : des composantes économiques concrètes

La protection liée à la maternité mérite d’être traitée comme une composante économique à part entière, au même titre qu’une prime. Les règles FIFA introduites en 2021, et mises à jour depuis, prévoient un congé maternité payé et des protections liées au retour au jeu. Ces garanties limitent le risque financier associé à une grossesse en cours de carrière – un risque qui pesait historiquement de manière disproportionnée sur les joueuses.

En France, le statut de joueuse fédérale encadré par la FFF ouvre des droits à la protection sociale classique du salariat : assurance maladie, chômage, retraite. Pour les joueuses évoluant sous contrat à temps partiel en Seconde Ligue, ces droits peuvent être partiels si le temps de travail est insuffisant pour valider des trimestres ou atteindre les seuils d’ouverture de droits.

Au-delà du club, plusieurs dispositifs institutionnels s’adressent aux sportives de haut niveau. Les joueuses inscrites sur les listes ministérielles de haut niveau peuvent accéder à des aides spécifiques (convention avec un employeur public, aménagement de formation) qui constituent un revenu indirect ou un avantage en nature non comptabilisé dans le salaire brut.

Écart avec le football masculin : une comparaison à contextualiser

L’écart salarial entre une joueuse de première division et un joueur de Ligue 1 masculin est documenté et important. Une joueuse de l’Arkema Première Ligue perçoit en moyenne un salaire mensuel brut environ douze fois inférieur à celui d’un joueur de Ligue 1, selon une enquête de L’Équipe parue en 2019 citant des moyennes de l’ordre de 2 500 euros contre environ 110 000 euros.

Ces chiffres datent et le football féminin a progressé depuis la création de la LFFP en 2024. Pourtant, la structure du revenu reste asymétrique : là où un footballeur masculin peut percevoir une part importante de sa rémunération via les droits d’image et les contrats de sponsoring à grande échelle, la majorité des joueuses professionnelles françaises restent dépendantes du salaire versé par leur club.

  • Droits TV : les revenus issus des droits de diffusion du championnat féminin restent sans commune mesure avec ceux de la Ligue 1 masculine, ce qui limite directement la capacité salariale des clubs.
  • Sponsoring club : les partenariats signés au niveau du club féminin génèrent des recettes plus faibles, réduisant la masse salariale disponible même dans les structures les mieux dotées.
  • Billetterie : les recettes de billetterie des matchs féminins demeurent modestes en dehors de quelques affiches, ce qui pèse sur l’équilibre financier des clubs.

La création de la LFFP a introduit des exigences structurelles (contrats à temps plein, effectif médical, licence club) qui tirent les salaires vers le haut sur le long terme. La progression reste mesurable, même si l’écart avec le football masculin demeure structurellement ancré dans les revenus commerciaux des clubs.

Pour une joueuse, la rémunération globale dépend donc autant du niveau du championnat et du club que de la capacité à structurer les revenus annexes – sponsoring, image, aides institutionnelles – dans un cadre juridique et fiscal adapté.

A ne pas manquer